After-effect

La notion d’after-effect est lié aux expériences d’adaptation à une perturbation en psychologie expérimentale. La perturbation peut être par exemple l’application d’une microgravité (vols en apesanteur) ou le port de lunettes ou de prismes. Lors de telles expériences, le protocole expérimental est découpé en trois phases :

  • La phase de pré-test : pas de perturbation. Le pré-test sert à mesurer les performances de base du participant.
  • la phase d’adaptation (test) : le participant à l’expérience doit s’adapter à la perturbation
  • la phase de post-test : la perturbation cesse il y a retour à la situation normale

Lors que l’on mesure les performances des participants pour établir une courbe d’apprentissage, on obtient une courbe ressemblant à celle ci-dessous :

Illustration schématique montrant une courbe dapprentissage avec after-effect lors dune expérience dadaptation.

Illustration schématique montrant une courbe d'apprentissage avec after-effect lors d'une expérience d'adaptation.

L’after-effect se produit lorsque les performances du participant ne retournent pas au niveau de base (mesuré durant le pré-test) immédiatement lorsque la perturbation cesse. Il se quantifie en calculant la différence entre le dernier essai de la phase d’adaptation et le premier essai du post-test.

Verticale subjective et dépendance au champ

La dépendance au champ visuel

Définition : Le champ visuel est la zone totale dans laquelle la perception visuelle est possible
lorsque la personne regarde devant elle.

D’une manière générale, on dit qu’une personne est dépendante du champ visuel lorsque sa perception (ou d’autres facultés cognitives…) est particulièrement influencée par sa vision globale éventuellement au détriment des autres sens.

La dépendance au champ visuel peut être établie ou mesurée par des tests psychologiques comme les EFT (embedded figures test) ou psychophysiologique comme le RFT test du cadre et de la baguette (rod and frame test, mesure de la verticale subjective).

La verticale subjective
La verticale subjective est l’estimation qu’une personne peut produire, à partir des informations
sensorielles disponibles, de la verticale donnée par la direction de la gravité terrestre.

Un test RFT en ligne (animation flash)

Le test est ici : http://www.hanneton.org/rft/rft.swf

ou bien là : rft

La tâche demandée au sujet est d’aligner la barre verte de façon à ce qu’elle soit la plus verticale possible (parallèle à la verticale gravitaire) quelque soit l’environnement qui l’entoure (présence ou absence du cadre bleu, orientation du cadre bleu). Durant les 5 premiers essais l cadre est absent de la scène visuelle. Ensuite il change aléatoirement d’orientation selon les essais.

Une petite aide rapide pour ce test:

  • pour faire tourner la verticale : les flèches droites et gauches du clavier
  • pour passer à l’essai suivant : la barre d’espace
  • pour terminer les essais : en théorie il faut cliquer sur le bouton « fin » mais ça ne marche pas. Alors faire clic droit avec la souris puis « suivant » ou « en avant »

Apprentissage

« Ce terme est employé pour qualifier toute acquisition d’un nouveau comportement à la suite d’un entraînement spécifique. L’organisme saisit le sens des stimulus et anticipe un résultat qui le motive. L’apprentissage permet l’adaptation de l’organisme à son milieu et son efficacité est fonction de l’âge physique et mental. Des comportements problématiques peuvent être le résultat d’apprentissages anciens que la psychanalyse cherchera à retrouver. » (Dictionnaire de Psychologie, http://www.dicopsy.com/apprentissage.htm)

Attracteur

La notion d’attracteur a été introduite dans le domaine de l’étude des systèmes dynamiques en physique. L’attracteur est une structure mathématique qui permet la description de l’évolution dans le temps d’un système dynamique.

Un système dynamique déterministe peut adopter différents comportements lors de son évolution temporelle :

  • il peut ne pas se stabiliser vers un état particulier (divergence de la trajectoire)
  • il peut converger vers un attracteur simple : un point, un cycle. Ce sont des attracteurs simples.
  • il peut ne pas se stabiliser, mais « tourner » autour d’un objet « fantôme » appelé « attracteur étrange ».

Cet attracteur est un objet autour duquel le système va tendre a évoluer mais sans forcément le « toucher ». Seuls les systèmes dynamiques adoptant un comportement chaotique peuvent se diriger vers un attracteur étrange.

Voir la théorie du chaos sur Wikipédia

Emergence

Définition

L’émergence est un phénomène qu’on trouve dans les domaines physiques, biologiques, écologiques, socio-économiques et autres systèmes dynamiques comportant des rétroactions. On peut définir l’émergence par deux caractéristiques :

  • l’ensemble fait plus que la somme de ses parties. Ceci signifie qu’on ne peut pas prédire le comportement de l’ensemble par la seule analyse de ses parties.
  • l’ensemble adopte un comportement caractérisable sur lequel la connaissance détaillée de ses parties ne renseigne pas.

L’émergence est une notion qui a séduit les partisans des approches écologiques et dynamiques en Sciences du Mouvement.

Perception directe

Définition ?

Théorie, Notion liée notamment à la Théorie Ecologique de la Perception (Ecological Psycholohy).

« The theory of direct perception does not require top down processing and is similar in animals and humans. All the information needed to form a perception is available in the environment so all that is required is the ability to interpret the cues. <http://ahsmail.uwaterloo.ca/kin356/ttoc/glossary.htm> »

La théorie de la perception directe suppose que la perception ne nécessite pas de processus top-down et est similaire chez l’homme et l’animal. Tout l’information requise pour construire un percept est disponible dans l’environnement de telle façon que la seule capacité nécessaire pour bien percevoir est de savoir interpréter les indices environnementaux.

Les trois principes de la perception directe :

  • Toute l’information nécessaire à une perception précise est présente dans l’environnement (All the information necessary for accurate perception is contained in the environment).
  • La perception est immédiate et spontanée (Perception is immediate and spontaneous)
  • la perception et l’action ne peuvent être séparés. La perception guide l’action et l’action génère de nouvelles information perceptives (Perception and action cannot be separated, perception guides action and action generated more new perceptual information).

Constructivisme

Définition proposée

Dans l’approche constructiviste, l’apprentissage découle de l’activité de l’apprenant. Sa connaissance est le produit de son action et de son expérience du monde. De plus, l’apprentissage constructiviste est vu comme un acte de collaboration résultant d’une relation entre l’apprenant (son expérience, ses connaissances), le domaine dans lequel il évolue, c’est-à-dire où il puise ses connaissances (l’université, les moyens technologiques, la rencontre avec les experts) et le contexte qui régit sa démarche (sa culture personnelle et sociale).

Petite explication

Le constructivisme suppose les hypothèses suivantes :

  • L’acquisition de connaissances passe par une interaction entre le sujet et l’objet d’étude. Les actions du sujet sur l’objet est essentielle dans ce processus d’acquisition qui est actif.
  • Le sujet utilise ses connaissances antérieures pour apprendre. Le sujet s’est construit et se construit très rapidement des conceptions, des représentations, des notions qu’on lui enseigne.
  • L’apprentissage ne se fait pas par accumulation de connaissances ni de manière linéaire. Toute conception, même fausse ou insuffisante est conservée tant qu’elle n’a pas été remplacé par une autre plus efficiente : « on connaît contre une connaissance antérieure ou en détruisant des connaissances mal faites » (Bachelard). Selon Piaget, l’apprentissage est le résultat d’un jeu de déséquilibration-rééquilibration cognitive qui se fait par assimilation (intégration des connaissances du milieu aux connaissances antérieures) et accommodation (cette accommodation est provoquée par la résistance du problème à l’apprenant qui devra transformer ses connaissances sous la pression du milieu).
  • L’élève ne donnera du sens à une connaissance que si elle est perçue comme un outil indispensable pour résoudre un problème ou une classe de problème. La connaissance est considérée plus comme un outil que comme un objet : c’est un savoir-faire plutôt qu’un savoir.

Vytgotsky introduit le social dans cette théorie ce qui donne naissance au socio-constructivisme.

mots-clés : environnement – contexte – connaissance – assimilation – accomodation – savoir faire

auteurs : Piaget – Wallon – Vytgotsky

Connexionnisme

Définition proposée

Le connexionnisme est une approche utilisée en sciences cognitives qui modélise les phénomènes mentaux (ou/et comportementaux) comme des processus émergents de réseaux d’unités simples (réseaux de neurones) interconnectées.

Petite explication

Dans le cadre du cognitivisme classique, le traitement de l’information symbolique repose sur des règles séquentielles et il est localisé dans certaines structures responsables d’un traitement particulier.
Une nouvelle conception du cognitivisme apparaît dans les années 80, en particulier suite aux travaux de Rosenblatt sur ce qu’il a appelé le « perceptron* » (1958). Le cerveau est redevenu la source d’inspiration de l’étude de la cognition, en particulier artificielle. Cela correspond à une certaine inversion de la situation puisque dans le cadre du cognitivisme classique, l’ordinateur était la source d’inspiration de l’étude du cerveau. Des propriétés globales, matérialisant les capacités cognitives, peuvent émerger de la mise  en connexion d’un grand nombre des composants élémentaires simples, analogues auxneurones, opérant en parallèle.

  • L’introduction des connexions appropriées est essentielle et elle s’obtient par le moyen d’une règle d’apprentissage régissant le changement graduel des connexions (apprentissage par corrélation et apprentissage par instruction).
  • L’information est représentée de façon distribuée : chaque neurone véhicule une partie de
  • l’information et l’information se retrouve au niveau de l’état global du réseau.
  • Le degré de validité du modèle connexionniste se mesure par le degré de satisfaction d’une fonction cible.

Synthèse du connexionisme (d’après Varela)
La cognition est l’émergence d’états globaux dans un réseau des composants simples.
Le fonctionnement de la cognition implique des règles locales que gèrent les opérations individuelles et de règles de changements qui gèrent les liens entre les éléments. Un système cognitif fonctionne de manière appropriée quand les propriétés émergents (et la structure qui en résulte) sont identifiables à une capacité cognitive – une solution adéquate pour une tâche donnée.

mots-clés : réseau de neurones – connexions – carte – apprentissage – loi d’apprentissage – émergence

auteurs : Hebb – Rosenblatt – Rumelhart – McLelland – Papert et Minsky

Références :

  • Rumelhart, D.E., J.L. McClelland and the PDP Research Group (1986). Parallel Distributed Processing: Explorations in the Microstructure of Cognition. Volume 1: Foundations, Cambridge, MA: MIT Press
  • McClelland, J.L., D.E. Rumelhart and the PDP Research Group (1986). Parallel Distributed Processing: Explorations in the Microstructure of Cognition. Volume 2: Psychological and Biological Models, Cambridge, MA: MIT Press

* Le perceptron est un réseau de neurones formels capable d’apprendre à classez (à « reconnaître ») des formes.

Cognitivisme

Une définition ?

Le cognitivisme est une approche particulière de l’étude de l’intelligence et de la pensée. Cette attitude consiste à supposer que le cerveau fonctionne comme un ordinateur (sériel ou parallèle). Cette vision suppose que l’intelligence et le comportement humain nait de structures nerveuses capables de saisir, de traiter, de produire et d’échanger de l’information. L’information est ici vue comme le support matériel d’entités sémantiques qui circulent sous une forme codée dans le système nerveux.

Nos capacités cognitives s’expliquent par la capacité de notre système nerveux à manipuler des cartes cognitives servant de support à des représentations particulières du monde extérieur. Ces cartes sont construites et mémorisées à partir d’informations captées par les récepteurs sensoriels.

L’approche cognitiviste s’est nourrie également de données et théories issues de la psycho-linguistique (du fonctionnalisme de Jerry Fodor), en lien notamment avec le concept de langage de la pensée.

mots-clés : ordinateur – information – représentation – carte – programme

auteurs : Noam Chomsky – Jerry Fodor – John von Neumann – Donald Hebb – Warren McCulloch et Walter Pitts

Liens :