Focus sur la notion de proprioception

Le mot « proprioception » définit un 6ème sens assez méconnu. Pour tout arranger, il existe des confusions et des débats sur sa définition. Cet article est l’occasion de faire un point le plus rigoureux possible.

Etymologie et origine du terme

La proprioception (formé de proprio-, tiré du latin proprius, « propre », et de [ré]ception) ou sensibilité profonde désigne la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps. Elle fonctionne grâce à de nombreux récepteurs musculaires et ligamentaires, et aux voies et centres nerveux impliqués (définition wikipédia)

La proprioception s’oppose à l’ « extéroception » car les signaux nerveux sont générés par des événement produits à l’intérieur du corps, contrairement aux signaux extéroceptifs qui ont pour origine des modifications de l’environnement (toucher, vision, audition).

Les récepteurs sensoriels impliqués dans la proprioception

Il s’agit de récepteurs placés dans les os, les muscles (fuseaux neuromusculaires, organes tendineux de Golgi), dans les viscères et dans les articulations (capsules articulaires). Les fibres nerveuses issues de ces récepteurs font synapse avec la moelle épinière et les signaux remontent ainsi vers les centres supérieurs (cortex somatosensoriel primaire, cervelet par exemple). Certains incluent dans la proprioception le sens de l’équilibre, c’est à dire les signaux issus du système vestibulaire (dit vulgairement « oreille interne »). Mais cela peut être discuté car cet organe réagit à l’orientation de la tête par rapport à la gravité terrestre qui est un signal externe. Le système vestibulaire est-il un organe proprioceptif ou extéroceptif ? En tout cas il donne des informations sur les mouvements de la tête dans l’espace.

Confusion avec d’autres termes voisins

Il faut faire attention car d’autres termes définissent des aspects de la perception des mouvements et des déformations du corps. Il en résulte des débats sans fin sur la définition de ces termes, débats qui n’ont pas beaucoup d’intérêt. Essayons quand même d’y voir plus clair.

Le terme le plus proche est celui de kinesthésie (du grec kinesis signifiant ‘mouvement’ et aisthesis : ‘sensibilité’). La kinesthésie est une perception consciente de la position et des mouvements des différentes parties du corps. Certains différencient les sens kinesthésiques de la proprioception donnant à celle-ci un sens plus général et à la kinesthésie un sens plus spécifique, en excluant par exemple le sens de l’équilibre de la kinesthésie. Ainsi l’oreille interne ferait partie des organes proprioceptifs mais pas de la kinesthésie.

Mais attentions, certains distinguent proprioception et intéroception. L’ « intéroception » ne concernerait que les signaux issus des capteurs viscéraux.

Il existe aussi un autre terme qui interfère avec la notion de proprioception : le sens « haptique ». L’haptique, du grec ἅπτομαι (haptomai) qui signifie « je touche », désigne la science du toucher, par analogie avec l’acoustique ou l’optique. Ce terme a été introduit en psychologie par Revesz (1934, 1950). Au sens strict, l’haptique englobe le toucher et les phénomènes kinesthésiques, c’est-à-dire la perception du corps dans l’environnement. En effet, pour saisir la forme d’un objet, son volume ou même son poids, il faut le toucher et le manipuler. La manipulation de l’objet va stimuler à la fois les récepteurs tactiles de la peau et les récepteurs proprioceptifs présents dans les muscles, les tendons et les articulations.

On trouve en effet des définitions du mot kinesthésie qui interfèrent fortement avec la définition du sens haptique. Certaines viennent de Henri Piéron même !

Kinesthésie : Sens du mouvement; forme de sensibilité qui, indépendamment de la vue et du toucher, renseigne d’une manière spécifique sur la position et les déplacements des différentes parties du corps. « La kinesthésie exploratrice avec les modifications synchrones des impressions cutanées, renseignant sur la forme, l’état des surfaces, le volume, le poids, etc. (…) [intervient] pour permettre l’identification » (Piéron, La Sensation,1945, p. 41)

Dans la citation de Piéron ci-dessus, on a l’impression qu’il parle plutôt du sens haptique.

Déafférentiation (interruption du fonctionnement des circuits proprioceptifs)

Différentes affections des nerfs, de la moelle et de l’encéphale peuvent atteindre la proprioception : traumatisme, compression par une tumeur, inflammation, accident vasculaire, trouble métabolique (carence en vitamine B12). Une atteinte de la proprioception entraîne une altération des sensibilités profondes élémentaires : le patient ne peut pas, les yeux fermés, reconnaître la position de ses différents segments de membre. Elle se traduit également par une ataxie (absence de coordination des mouvements), avec une instabilité en position debout, accentuée lorsque les yeux sont clos (signe de Romberg). La marche est également perturbée. L’anesthésie osseuse se traduit, à l’examen clinique, par l’absence de perception de la vibration provoquée par un diapason appliqué sur les os superficiels.

Références

  • P.M. Gagey, B. Weber (2004) Posturologie ; Régulation et dérèglements de la station debout. Troisième édition, préface du professeur Henrique Martins da Cunha, Elsevier Masson, Paris

  • J. Paillard (1976) Tonus, posture et mouvements. In Kayser C. (Ed) Physiologie, tome II, Flammarion (Paris): 521-728.

  • H. Piéron. La Sensation, guide de vie, Paris, Gallimard, 1945.

  • G. Revesz, System der optischen und haptischen Raumtäuschungen, Zeitschrift für Physiologie, 131, 296-375, 1934

  • G. Revesz, Psychology and Art of the Blind, London, Longmans Green, 1950

  • C. S. Sherrington (1906) The integrative action of the nervous system. New Haven, Yale University Press

  • Charles S. Sherrington (1900) the musclar sense. In Edward A. shafer Ed. Textbook of physiology (Edimbourg-London, 1900) t. II, 1006.

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