Warm-up (effet)

Le terme warm-up désigne en anglais un phénomène d’échauffement. L’effet warm-up pour l’apprentissage concerne un phénomère observé lorsque l’acquisition d’un habileté s’effectue en plusieurs sessions : les performances sont à chaque fois faible au début de chaque session et il faut quelques essais pour que l’élève retrouve un rythme d’apprentissage normal. Tout se passe comme si le mécanisme d’apprentissage nécessitait un « échauffement », comme un moteur de voiture avant une course ou un athlète avant une compétition.

Leffet warm-up

L'effet warm-up : En pointillé la courbe d'apprentissage théorique et en vert l'évolution des performances lors de chaque session. La taille de l'effet warm-up est figurée par les flèches bleues.

Transfert (d’apprentissage)

On dit qu’il y a transfert d’apprentissage d’une habileté A vers une autre habileté B lorsque le fait d’avoir appris A a des connaissances favorables sur l’apprentissage de B.

Il y a deux types de transfert :

  • antérograde, lorsque A est apprise avant B
  • rétrograde, lorsque A est apprise après B

Le transfert rétrograde se manifeste par des performances accrues dans B (habileté déjà apprise) après avoir appris A.

Ci-dessous une figure illustrant un transfert d’apprentissage antérograde :

Le transfert dapprentissage antérograde

Le transfert d'apprentissage antérograde

La courbe de droite (a) représente la courbe d’apprentissage de la tâche n°1. Si l’on compare ensuite deux groupes apprenant la tâche n°2 dont un seulement a appris la tâche n°1 alors schématiquement, le groupe n’ayant pas appris la tâche n°1 avant démarrera son apprentissage avec des performances plus faibles (courbe c) que le groupe ayant auparavant appris la tâche n°1 (courbe b).

After-effect

La notion d’after-effect est lié aux expériences d’adaptation à une perturbation en psychologie expérimentale. La perturbation peut être par exemple l’application d’une microgravité (vols en apesanteur) ou le port de lunettes ou de prismes. Lors de telles expériences, le protocole expérimental est découpé en trois phases :

  • La phase de pré-test : pas de perturbation. Le pré-test sert à mesurer les performances de base du participant.
  • la phase d’adaptation (test) : le participant à l’expérience doit s’adapter à la perturbation
  • la phase de post-test : la perturbation cesse il y a retour à la situation normale

Lors que l’on mesure les performances des participants pour établir une courbe d’apprentissage, on obtient une courbe ressemblant à celle ci-dessous :

Illustration schématique montrant une courbe dapprentissage avec after-effect lors dune expérience dadaptation.

Illustration schématique montrant une courbe d'apprentissage avec after-effect lors d'une expérience d'adaptation.

L’after-effect se produit lorsque les performances du participant ne retournent pas au niveau de base (mesuré durant le pré-test) immédiatement lorsque la perturbation cesse. Il se quantifie en calculant la différence entre le dernier essai de la phase d’adaptation et le premier essai du post-test.

Verticale subjective et dépendance au champ

La dépendance au champ visuel

Définition : Le champ visuel est la zone totale dans laquelle la perception visuelle est possible
lorsque la personne regarde devant elle.

D’une manière générale, on dit qu’une personne est dépendante du champ visuel lorsque sa perception (ou d’autres facultés cognitives…) est particulièrement influencée par sa vision globale éventuellement au détriment des autres sens.

La dépendance au champ visuel peut être établie ou mesurée par des tests psychologiques comme les EFT (embedded figures test) ou psychophysiologique comme le RFT test du cadre et de la baguette (rod and frame test, mesure de la verticale subjective).

La verticale subjective
La verticale subjective est l’estimation qu’une personne peut produire, à partir des informations
sensorielles disponibles, de la verticale donnée par la direction de la gravité terrestre.

Un test RFT en ligne (animation flash)

Le test est ici : http://www.hanneton.org/rft/rft.swf

ou bien là : rft

La tâche demandée au sujet est d’aligner la barre verte de façon à ce qu’elle soit la plus verticale possible (parallèle à la verticale gravitaire) quelque soit l’environnement qui l’entoure (présence ou absence du cadre bleu, orientation du cadre bleu). Durant les 5 premiers essais l cadre est absent de la scène visuelle. Ensuite il change aléatoirement d’orientation selon les essais.

Une petite aide rapide pour ce test:

  • pour faire tourner la verticale : les flèches droites et gauches du clavier
  • pour passer à l’essai suivant : la barre d’espace
  • pour terminer les essais : en théorie il faut cliquer sur le bouton « fin » mais ça ne marche pas. Alors faire clic droit avec la souris puis « suivant » ou « en avant »

Perception directe

Définition ?

Théorie, Notion liée notamment à la Théorie Ecologique de la Perception (Ecological Psycholohy).

« The theory of direct perception does not require top down processing and is similar in animals and humans. All the information needed to form a perception is available in the environment so all that is required is the ability to interpret the cues. <http://ahsmail.uwaterloo.ca/kin356/ttoc/glossary.htm> »

La théorie de la perception directe suppose que la perception ne nécessite pas de processus top-down et est similaire chez l’homme et l’animal. Tout l’information requise pour construire un percept est disponible dans l’environnement de telle façon que la seule capacité nécessaire pour bien percevoir est de savoir interpréter les indices environnementaux.

Les trois principes de la perception directe :

  • Toute l’information nécessaire à une perception précise est présente dans l’environnement (All the information necessary for accurate perception is contained in the environment).
  • La perception est immédiate et spontanée (Perception is immediate and spontaneous)
  • la perception et l’action ne peuvent être séparés. La perception guide l’action et l’action génère de nouvelles information perceptives (Perception and action cannot be separated, perception guides action and action generated more new perceptual information).

Théorie sensorimotrice de la perception

C’est une théorie proposée par le psychologue Kevin O’Regan et le philosophe Alva Noé permettant d’expliquer le rôle essentiel de la motricité dans la perception et impliquant l’existence de contingences sensorimotrices comme support essentiel des mécanismes perceptifs.

Enaction

Le terme  a été proposé par Francisco Varela pour désigner un nouveau paradigme en sciences cognitives, basé non pas sur la métaphore de l’ordinateur comme dans le cognitivisme classique, mais sur celle des organismes vivants. Ce terme est en lien étroit avec la notion d’autopoïèse, autre construction de Varela, et avec la notion de cogniton située, incarnée.Il est extrêmement difficile de trouver une définition claire de l’Enaction.

L’Enaction est un paradigme (1).

« L’organisme donne forme  son environnement en même temps qu’il est façonné par lui [..] Le comportement est la cause première de toutes les stimulations. [..]Les propriétés des objets perçus et les intentions du sujet, non seulement se méangent mais constituent un tout nouveau. [..]L’organisme, selon la nature propre de ses récepteurs, les seuils de ses centres nerveux et les mouvements de ses organes, choisit dans le monde physique, les stimuli auxquels il sera sensible. » (Merleau-Ponty)

Liens

Référence

  • Invitation aux Sciences Cognitives de Francisco J VARELA : ouvrage à conseiller aux débutants
  • Pour tout comprendre il faut lire le difficile ouvrage suivant : Francisco Varela, Evan Thompson et Eleanor Rosch, The Embodied Mind : Cognitive Science and Human Experience, 1991, MIT Press (trad. en français par Véronique Havelange : L’Inscription corporelle de l’esprit : sciences cognitives et expérience humaine, Seuil, Paris, 1996).

(1) Un paradigme est un exemple, un modèle particulièrement illustratif d’une conception : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradigme

Approche écologique (from ecological psychology)

Une définition ?

Cette appellation est inspirée du terme « ecological psychology »  proposé par James J. Gibson pour souligner l’importance des interactions entre l’animal (l’homme) et son milieu en ce qui concerne l’étude des mécanismes de la perception.

Pour plus de détails consulter cette page : http://fr.wikipedia.org/wiki/Approche_%C3%A9cologique_de_la_perception_visuelle

ou bien le site en anglais www.ecologicalpsychology.com

Les idées principales de ce courant

Pour Gibson, les contraintes mutuelles s’exerçant entre ces deux entités font que l’on ne peut étudier séparément l’environnement (d’un point de vue de physicien, ou de biologiste) et l’animal (d’un point de vue biologique ou psychologique). Il fut conduit à cette constatation à partir de ses premiers travaux appliqués concernant le guidage perceptif de l’action (atterrissage d’avion, conduite automobile). La démarche écologique se veut dans la continuité de la démarche scientifique utilisée en Sciences Naturelles : la recherche de « loi naturelles » guidant l’explication du fonctionnement du monde vivant. Cette attitude s’oppose à celle de la psychologie classique qui s’efforce d’isoler des processus mentaux dont le fonctionnement est décrit comme celui d’un « mécanisme » traitant de l’information. L’approche écologique s’efforce ainsi de ne pas réduire le monde vivant à sa dimension purement physique et les processus mentaux au seul traitement de l’information.

La psychologie « écologique » s’est relativement peu intéressé aux mécanismes de l’apprentissage puisque son champ d’étude est celui des interactions entre un organisme et son milieu en situation d’équilibre. Mais les recherches actuelles se sont saisit de la problématique de l’apprentissage.

mots clés : affordances – champ optique ambiant – perception directe – invariants – vicariance

auteurs principaux : James J.. Gibson – Michael Turvey – D.N. Lee

Quelques références

  • The Theory of Affordances, Gibson, 1977
  • The Ecological Approach to Visual Perception, Gibson, 1979
  • The Perception of the Visual World (La perception du monde visuel, 1950)
  • Lee, D.N. (1980). Visuo-Motor Coordination in Space-Time. In G.E. Stelmach & J. Requin (Eds.), Tutorials In Motor Behaviour. North Holland.
  • Lee, D.N., Young, D.S., Reddish, P.E., Lough, S., & Clayton, T.M.H. (1983). Visual Timing in Hitting an Accelerating an Accelerating Ball. Quarterly Journal of Experimental Psychology, 35A, 333-346.
  • Lee, D.N., Lishman, J.R. & Thomson, J.A. (1982). Regulation of Gait in Long Jumping. Journal of Experimental Psychology: Human Perception and Performance, 8, 448-459.

Voir aussi

  • la notion d’affordance
  • la notion de champ optique ambiant
  • la perception directe
  • la notion de vicariance